Décidement, je commence l'année 2oo8 avec pleins de bonnes résolutions en tête. Comme par exemple reprendre ce blog. Bon d'accord, c'est ma seul résolution...A part perdre du poids...mais ça, c'est pas votre problème.
Biensûr, Bikkuri sera peut etre moins connu qu'en sa pleine vie. Mais maintenant, on arrete de dériver. Le Japon est un pays très particulier, comme beaucoup le savent. Si je fais ce blog, c'est pas pour les fans d'HelloKitty et compagnie. Parce que s'ils lisent ce blog, ils comprendront que c'est un pays injuste comme le reste des autres pays développés.
C' est un pays que j'affectionne, mais sans une folie démente, à n'en parler toute la journée. Je regarde des animes et des dramas, mais l'idée que j'ai du Japon ne me vient pas de ça. Non. Mon idée japonaise, c'est celle que je me créait à partir de journaux, tel de Courier International.
Je tiens aussi à informer que ce blog n'est pas pour les kikoulol, ni pour les pubeux.
Sur ce, bonne année, meilleur voeux, à vous et à votre famille.

# Posté le mardi 01 janvier 2008 05:09

Les premières bourrasques de la colère

Excédés par leurs conditions de vie déplorables, de nombreux jeunes ont décidé de ne plus se laisser faire. Ils défilent en faisant du bruit mais sans violence.

___En janvier 2007, un garçon de 20 ans a été arrêté pour n'avoir pas payé ses consommations dans un café manga [lieu ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où les clients peuvent venir lire des mangas et surfer sur Internet], où il avait passé trois jours. Il avait en tout et pour tout 15 yens [10 centimes d'euro] en poche. Il était entré dans l'établissement pour se protéger du froid et n'avait mangé en trois jours qu'un plat du jour et une assiette de frites. L'employé d'un autre café manga m'a raconté qu'une fois un client était resté une semaine et que, pendant ce temps, il n'avait rien consommé en dehors de quelques boissons.
___Craignant qu'il ne meure de faim, l'employé avait prévenu la police pour qu'il soit placé sous la protection des autorités. Dans un Japon censé connaître la plus longue période de prospérité depuis la dernière guerre, comment expliquer ce genre de situation ? Cette réalité nous fait comprendre que, pour de nombreux jeunes, ce pays est devenu un champ de bataille, où ceux-ci essaient tant bien que mal de survivre dans la misère et la précarité.
___La longue période de récession a détruit le fondement même du travail. Au cours de la dernière décennie, de nombreux jeunes, qui n'ont pas trouvé d'emploi stable, sont devenus freeters [néologisme forgé à partir de l'anglais free et de l'allemand Arbeiter, désignant une personne vivant de petits boulots], étiquette dont ils ont le plus grand mal à se défaire.
___Il faut savoir que seulement 1,6 % des entreprises souhaitent recruter des freeters. Même ceux qui ont la chance de décrocher un emploi régulier se retrouvent dans des entreprises où l'on considère comme normal que le travail de dix personnes soit effectué par seulement trois et où le nombre de morts par excès de travail [karoshi], suicides et troubles mentaux provoqués par le surmenage n'est pas près de diminuer.
___Quant à ceux qui, attirés par un salaire horaire de plus de 1 000 yens [6 euros], travaillent en tant qu'intérimaires dans l'industrie, il ne leur reste guère plus d'une centaine de milliers de yens une fois qu'ils ont payé leur loyer et leurs factures de chauffage ou d'électricité. Quel que soit leur statut – salarié régulier, intérimaire ou freeter –, les jeunes ne peuvent plus vivre en toute stabilité.
___Dans le même temps, ceux qui n'ont pas d'emploi, à l'instar des NEET [Not in education, employment or training] ou des hikikomori [jeunes qui se replient sur eux-mêmes et vivent en reclus], se voient accablés de reproches. Pourtant, en les accusant d'être des enfants gâtés ou des fainéants, leurs aînés font preuve d'une grande ignorance à leur égard. Il est évident que, si la vie des jeunes est devenue aujourd'hui à ce point précaire, cela n'a rien à voir avec un problème psychologique personnel ou avec leur volonté, mais cela est dû au désir malsain des entreprises, qui veulent continuer à profiter d'une main-d'œuvre jetable qui leur permet de rester compétitives à l'échelle internationale.


Travailler toujours plus pour vivre comme tout le monde

___Toutefois, la colère de ces jeunes ne prend pas pour cible la société. Envoûtés par l'expression “Chacun est responsable de son sort” [à la mode depuis quelques années], ils reportent la faute sur eux-mêmes – et se punissent en s'automutilant, ou en mettant fin à leur vie. Depuis 2002, la première cause de décès des jeunes âgés de 20 à 39 ans est le suicide.
___N'est-ce pas la preuve que la société ne cesse de leur envoyer le message : “Bons à rien, disparaissez au plus vite” ? Dans ces conditions, comment ces jeunes peuvent-ils reprendre ce qui leur a été volé, le simple droit d'exister sans condition préalable ? Une des réponses réside dans les activités du groupe Grande Fronde des pauvres, soutenu par un grand nombre de jeunes défavorisés de la capitale, qui tente tous les jours de multiples expériences dans le quartier de Koenji. “Aujourd'hui, la société est devenue folle. La rémunération des petits boulots ne cesse de baisser et, de ce fait, il faut travailler toujours plus pour vivre comme tout le monde. Comme il y a pénurie de travail, les entreprises en profitent pour nous exploiter toujours davantage. [...] En y réfléchissant bien, notre situation est absurde : les jours ouvrables, nous sommes exploités pour des salaires de misère et, les jours de congé, la société de consommation engloutit notre argent. Bref, nous, les bons à rien, ne sommes-nous pas condamnés à la paupérisation ? [...] Dans cette situation, il ne nous reste plus qu'à entreprendre la grande fronde des pauvres, à faire voler en éclats cette vie normale qui nous voit obéir à la société.
___Il nous faut passer à l'offensive et, à notre tour, imposer notre loi”, pouvait-on lire dans son manifeste, rédigé en 2001 et publié dans le premier numéro du Journal des pauvres.
___Comme ce texte l'avait annoncé, des “rassemblements sauvages ont été organisés, consistant à improviser un grand banquet dans la rue et, tout en impliquant les passants, à créer dans les faits une zone libre” dès l'été 2001. Quand dix à vingt membres du groupe ont commencé à se soûler devant la gare de Shinjuku, à Tokyo, une foule hétéroclite s'est jointe à eux. Il y avait “non seulement des jeunes sans emploi, mais aussi des salarymen et des employés de bureau remplis d'un vague ressentiment, des étudiants pauvres et des hommes d'âge mûr à la rue à cause de la faillite de leur société”, rapporte le Journal des pauvres. Leur réseau s'est ainsi peu à peu étendu. En 2005, le groupe a créé Koenji NEET Union et a organisé une manifestation pour la restitution des vélos enlevés pour stationnement illégal. Protestant contre le fait que, pour récupérer une bicyclette saisie, il faut payer plusieurs milliers de yens, une centaine de jeunes ont défilé derrière une camionnette sur laquelle étaient installés des instruments de musique et du matériel de sono, en scandant “Rendez-nous nos vélos !”, “Nous n'avons pas d'argent pour les récupérer”.
___En septembre 2006, le collectif a lancé la “Fronde pour la gratuité du logements” “Les loyers sont trop chers ! Nous avons du mal à trouver un peu d'argent pour nous nourrir chaque jour, comment pourrions-nous débourser plusieurs dizaines de milliers de yens en loyer !” expliquaient ses membres. Des jeunes, interpellés par ces slogans, se sont rassemblés dans un parc public. Agitant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : “Nous habitons des immeubles vétustes”, “Nous logeons dans des pièces de 4 tatamis et demi [environ 7,4 m2]”, ils réclamaient “des logements gratuits !” En tête de cortège, un camion sono déversait des flots de musique allant de la techno à la ballade populaire. La chanson des Sex Pistols No Future touchait directement ce public véritablement sans avenir.
___Au milieu des manifestants se trouvait un chariot portant une table basse minable. Des travailleurs pauvres vêtus de kimonos matelassés étaient montés dessus et criaient : “Nous ne pouvons plus payer notre loyer !” A la fin la manifestation, on a même vu un char shintoïste, portant le nom de la Koenji NEET Union, mettre tout le quartier en ébullition.
___Hajime Matsumoto, le leader de la Grande Fronde des pauvres, est né comme moi en 1975. En 1997, alors qu'il était étudiant à l'université Hosei, à Tokyo, il a créé l'Association pour préserver le côté miteux de Hosei, qui est à l'origine de plusieurs conflits, dont celui du restaurant universitaire : en colère contre l'augmentation du prix des repas, qui étaient déjà de mauvaise qualité, les membres de l'association ont fait irruption dans l'établissement, organisant un sit-in autour d'un pot-au-feu pour que l'université – qui s'embourgeoisait – reste un lieu convivial. Autrefois militante d'extrême droite, j'ai effectué un revirement complet après avoir découvert le mot “précariat”, néologisme formé à partir des termes précarité et prolétariat.
___Celui-ci m'a montré une voie, une réponse aux questions que je me posais sur le malaise existentiel et la tentative de suicide, dont je souffrais personnellement. J'ai réalisé que le phénomène des freeters n'était pas étranger aux problèmes de malaise existentiel et de suicide. Dans un monde où le travail est devenu impossible, notre existence elle-même est menacée.
___Dans une société qui ne permet de vivre qu'à certaines conditions, qui peut mener une existence normale ? Moi qui ai connu de nombreux jeunes suicidés et qui me désespérais de ne pas trouver de solution à ce problème, j'ai pu mettre un nom sur la cause structurelle du malaise existentiel, à savoir le “précariat”. C'est la société qui conduit les jeunes à la précarité. Je peux affirmer avec conviction à ces derniers qu'ils ne sont absolument pas en faute. Voilà une perspective d'avenir !
___L'action de la Grande Fronde est folle et amusante. Or, aujourd'hui, peu de jeunes pauvres mènent une vie aussi gaie. Mais, s'ils passent à l'offensive, des perspectives intéressantes s'ouvriront à eux. “Si un groupe comme la Grande Fronde se crée dans chaque région du Japon et s'ils sont en contact entre eux, ne s'agit-il pas déjà d'une révolution ? Plutôt que de tenter de changer la société par une attaque frontale, je pense qu'il est incontestablement plus séduisant de créer d'abord un espace postrévolutionnaire, et ensuite de proposer à ces jeunes de venir avec nous pour pouvoir s'épanouir”, assure Hajime Matsumoto. Son mouvement repose sur la chaîne de magasins Fronde des amateurs, que des jeunes gèrent dans la rue commerçante Koenji-kitanaka.
___Actuellement, le groupe y possède cinq boutiques, dont un magasin d'objets recyclés, une friperie et un café, le Café des amateurs, qui se transforme en bistrot le soir. Le “plat du jour révolutionnaire”, servi à midi avec du thé Oolong, coûte 350 yens [moins de 2 euros], un prix très abordable même pour les plus démunis. Le café “mélange révolutionnaire”, à 200 yens, est produit par les zapatistes du Mexique. Le magasin d'objets recyclés diffuse une web-radio.
___Tous les samedis soir, un film est projeté gratuitement et, ces jours-là, la rue commerçante est noire de monde jusqu'au matin. C'est une manière de montrer que, même quand on est pauvre, on peut se créer un chez-soi et mener une vie agréable. C'est une percée importante pour ces travailleurs pauvres et sans avenir. D'autres jeunes de la même génération visent coûte que coûte à faire partie des “gagnants” et travaillent jusqu'à l'épuisement ; quand ils sont freeters, considérés comme de la main-d'œuvre jetable, ils se considèrent comme responsables de leur misère. Mais, au lieu de mourir de surmenage, d'être épuisés par la vie ou de mettre fin à leurs jours pour cause de dépression, ils devraient se décider de jouir à fond de leur “pauvreté”.

Son rêve était de commettre un attentat suicide contre la Diète

___A propos de Jidosha Zetsubo kojo [Toyota, l'usine du désespoir, Editions ouvrières, 1974], écrit par le journaliste Satoshi Kamata il y a plus de trente ans, un freeter a murmuré devant moi : “Cette époque était nettement meilleure que la nôtre.” J'ai aussi connu un ancien freeter qui a passé un an dans la rue. Son rêve était de commettre un attentat suicide contre la Diète. Ainsi l'état d'indigence de cette jeunesse arrive à un niveau où il n'est même plus question de courage ni d'efforts. Le revenu annuel moyen d'un freeter est de 1,06 million de yens [6 370 euros]. Si les conditions actuelles perdurent, ce montant restera inchangé durant toute leur vie. Avec son plan d'aide baptisé “nouveau défi”, le gouvernement a établi pour objectif d'ici à 2010 de réduire le nombre des freeters de 20 %, mais qu'adviendra-t-il des 80 % restants ?
___Nous n'obéissons pas à la majorité !” On peut lire cette phrase sur les tee-shirts vendus par la Fronde des amateurs. Beaucoup de jeunes de ce que l'on appelle la “génération perdue”, moi y compris, ont écouté la majorité et ont fait des efforts, bercés que nous étions par des chimères – une bonne école, une bonne entreprise. Mais, au moment où ils sont entrés sur le marché du travail, ces chimères se sont brusquement évanouies. Certes, timidement, les jeunes expriment aujourd'hui leur morosité, mais cela prend souvent une forme déplorable, qu'il s'agisse d'automutilation, de réclusion volontaire ou de violence familiale. Mais il suffit qu'ils décident d'exprimer leur colère contre le monde extérieur, et non plus contre eux-mêmes, pour que cette morosité prenne la forme d'une contre-attaque. De nombreux jeunes ont commencé à riposter en adoptant le nom de “pauvres” pour se désigner eux-mêmes. Pour combattre sur le champ de bataille nommé pauvreté, commencez par aller boire un verre au Café des amateurs de Koenji.



Karin Amamiya
Ronza

# Posté le dimanche 08 juillet 2007 20:09

Un crime crapuleux contre la démocratie

Le maire de Nagasaki, Iccho Itoh, a été assassiné, le 18 avril, par un membre de la mafia nippone. Pour l'écrivain Shinobu Yoshioka, cette exécution spectaculaire marque la montée en puissance d'une société dominée par l'égocentrisme.

______ASAHI SHIMBUN_____
Tokyo

---Chaque homme porte en lui des images de ruines, une vision apocalyptiques d'un monde qui s'écroule. Même si nous évitons d'en parler dans la vie de tous les jours, nous avons toujours au fond de nous ces images menaçantes. Quand j'ai appris l'assassinat du maire de Nagasaki, Iccho Itoh, le 18 avril dernier, j'ai aussitôt pensé que le monde allait s'écrouler. Certains imaginent la fin du monde comme de profondes ténèbres. D'autres comme un tourbillon de flammes rougeoyantes et des édifices qui s'effondrent. D'autres encore peuvent imaginer une foule de gens pris de folie criant partout "Tuez-les!", "Supprimez-les !" Avec toute la cruauté des guerres et du terrorisme, sans oublier l'horreur des séismes et des raz de marée que les journaux et la télévision relatent régulièrement , nous n'avons aucun mal à nous figurer la fin de notre monde.
---Pour ma part, je n'ai pas de vision aussi violente. mes images de ruines sont plus édulcorées, plus apaisées. Tout d'abord, cet espace est d'une clarté éblouissante. Là, chacun est peu enclin à penser à autre chose qu'à lui même. Il a envie de manger tels plats, de porter tels vêtements, il aime telle personne, il doit faire telle ou telle chose, et cela lui procure un peu d'occupation et de bonheur. Mais, lorsqu'on entrave son activité, son confort ou son bonheur, il devient terriblement intolérant. Il n'en tient aucun compte, disjoncte, et, dans certains cas, il peut aller jusqu'à tuer. Gais et ignorants. Occupés et agressifs. Tranquilles et intolérants. Heureux et violents. Une société regorgeant d'individus de ce type : voilà mon image de ruines.

SIMPLICITÉ DES MOTIVATIONS, ATROCITÉ DES ACTES

Les premiers commentaires du Premier ministre, Shinzo Abe, à l'annonce de l'assassinat m'ont profondément déçu. "Je souhaite, a-t-il déclaré, que la police procède à une enquête rigoureuse et que la vérité soit faite." Cet homme semble penser qu'il suffit d'enquêter pour que les motifs du meurtre apparaissent au grand jour. Mais les choses sont-elles aussi simples dans notre société ? Sans même remonter aux deux tueries de ces derniers temps que sont l'affaire Miyazaki (l'enlèvement et l'assassinat, entre 1988 et 1989, de quatre fillettes par un psychopathe, Tsutomu Miyazaki) et l'affaire Sakakibara ( L'assassinat, en 1997, d'une fillette et d'un garçon par un adolescent de 14 ans. Ce dernier avait découpé la tête du garçon et l'avait exposée à l'entrée d'un collège), une série de tragédies ont été classées sans que leurs véritables motifs aient été élucidés . Alors que des enfants victimes de brimades à l'école ont été poussés au suicide et que des meurtres ont été commis au seins de la familles, de couples ou de fratries, notre société s'est contentée de sanctionner sévèrement les coupables, sans réussir à établir un lien entre la simplicité des motivations et l'atrocité des actes.
---Ne devrait-on pas y ajouter la guerre en Irak ? En ouvrant les hostilités contre le régime de Saddam Hussein, qu'ils accusaient de posséder des armes de destruction massive, le gouvernement américain et ses alliés britannique et japonais ont commis une erreur. Mais les responsables ont poursuivi la guerre en se disant qu'il suffirait de masquer les véritables motifs, de déployer leurs forces armées et de mettre l'ennemi à terre par la force, et ce faisant, ils ont étendu la violence à l'ensemble de la planète.
---On rapporte que le meurtrier d'Iccho Ito avait endommagé sa voiture dans une rue municipale en travaux. Si c'est bien ce qui l'a conduit à péter les plombs et à tuer le maire, on aura beau enquêter, on n'obtiendra que de stupéfiants raccourcis. Tous ce qu'on fera apparaître, c'est de la stupidité, de l'agressivité, de l'intolérance et de la violence. De tels raccourcis finiront par ruiner la démocratie. Ils auront le même effet que les guerres déclenchées par des êtres fermés à l'histoire et à la sagesse. Pour moi c'est cela la fin du monde. Au risque de me répéter, je dirai que cet espace privé de profondeur est paré de gaieté et d'occupations, de confort et d'un peu de bonheur. Le monde n'a pas de fin. Il n'a jamais pris fin, mais des ruines aussi lumineuses soient-elles, ne sont pas un endroit convenable pour l'homme. La lucidité qui nous conduit à rejeter l'usage de la force et de la violence, par qui que ce soit et en quelque lieu que ce soit, semble aujourd'hui mise à l'épreuve.

Shinobu Yoshioka ( Ecrivain )

La pègre et l'extrême droite font la loi

En pleine campagne pour les élections régionales et municipales, le maire de Nagasaki, Iccho Itoh, qui briguait un quatrième mandat, a été tué le 18 avril par un truand. Il a été abattu à bout portant dans un quartier commercial situé à proximité de la gare centrale de la ville. L'auteur de cet assassinat est membre d'un syndicat du crime local, lequel est affilié à la plus importante organisation criminelle du pays, le Yamaguchi-gumi, qui compte environ 42 000 hommes.
A la tête de cette ville détruite par le feu atomique en 1945, M. Itoh était connu pour ses prises de position antinucléaires. En 1990, son prédécesseur, Hitoshi Motoshina, avait été grièvement blessé dans un attentat perpétré par un membre d'une organisation d'extrême droite qui lui reprochait d'avoir désigné l'ancien empereur Hirohito comme responsable de la guerre du Pacifique, rappelle le quotidien Mainichi Shimbun. "Depuis les années 1930, le pays a connu de nombreux actes terroristes visant politiciens, hommes d'affaires et intellectuels", explique pour sa part, l'Asahi Shimbun. Le quotidien évoque notamment l'assassinat en 1960 de l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, Inejiro Asanuma, par un militant d'extrême droite. Il rappelle aussi que le bureau du Parti socialiste à Osaka avait été en 1987 la cible d'un attentat mené par des membres de l'extrême droite et qui avait entraîné la mort d'un journaliste. Il n'oublie pas de mentionner le cocktail Molotov lancé en juillet 2006 contre le siège du Nihon Keizai Shimbun et l'incendie criminel qui a visé la maison du député Koichi Kato le 15 août 2007, date anniversaire de la reddition du Japon.

Courrier International N° 860 - Du 26 Avril au 2 Mai 2007

# Posté le mardi 22 mai 2007 05:11

Modifié le vendredi 01 juin 2007 16:00

M-Flo Loves Chara - Love To Live By

Pour vous faire un peu patienter...
Parce que j'avoue, je met du temps à le faire cet article ^^"

Je trouve ce clip o_o !
M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E !!!

Et la chanson me fait penser aux années 50 ^^

# Posté le jeudi 03 mai 2007 14:27

L'Empire Du Mobile Innovant

***Si les Français se servent de leur téléphone portable pour...téléphoner, les Japonais adorent lui trouver de nouveaux usages : leur "kentai" sert de GPS, de carte de paiement ou de ticket de métro. Allô Tokyo ? Ici le futur...

***On l'aime ou on le déteste. Il y a ceux qui s'en méfient, le trouvent envahissant, voire dangereux. Et puis il y a ceux qui ne peuvent plus vivre sans. Le portable, qu'on le veuille ou non a changé nos vies. A changé la vie. Il s'est vendu un milliard d'appareils dans le monde en 2006.
***En France, selon les dernières études, le mobile est utilisé par 72% des plus de 15 ans. Chez les 15-24 ans, la proportion monte à 95%, et c'est seulement chez les plus de 60 ans que l'adhésion semble mitigée (une personne sur deux n'en possède pas). On cherchera en vain des distinctions d'ordre social : les ouvriers sont à peine moins équipés que les cadres (82% contre 90%). Et quand on est branché, il semble impossible de revenir en arrière, tout sens critique semblant s'estomper à la vitesse SMS : "indispensable", "joli", "attachant", doté d'une "forte valeur affective", tels sont les termes accolés à cet objet du quotidien devenu une sorte de "tamagotchi" transgénérationnel. Téléphone, mon ami ? A tout le moins un joujou qu'on aime personnaliser, avec sonnerie à la carte, fond d'écran fait maison et usages sur mesure (appareil photo, lecteur de musique MP3). Sauf que..."Sauf que la première chose que les Français demandent à leur portable, assène Pierre Perron, directeur général de France du fabricant Sony Ericsson, c'est ce qu'il se rallume dans la seconde quand on l'a fait tomber par terre ! Nos laboratoires ont l'obsession de la solidité. Vous pouvez avoir un maximum de technologie dans votre mobile, mais ce que vous demandez en premier lieu, c'est la robustesse ! Le directeur français du quatrième fabricant mondial pourrait parler pendant des heures des premières trouvailles multimédias - en ce moment, Sony Ericsson met le paquet sur la musique, en misant sur la marque maison Walkman - mais voilà : le Français veut d'abord du solide ! Quitte à se passer de l'appareil photo ou de la camera intégrée (la moitié des utilisateurs confessent ne pas savoir se servir de ces fonctions). Pierre Perron : "Avant tout, nos produits sont des téléphones ! On ne pourra pas les équiper à l'infini, ni les réduire davantage. Je ne crois pas à l'avènement d'une sorte d'objet unique, à la fois téléphone, caméra, ordinateur. Plus qu'un blocage technique, il y a un blocage psychologique : l'acheteur se dit "si mon appareil fait tout, il ne doit pas tout faire très bien"." Voilà pour la France. Solidité d'abord. Pas plus de deux ou trois fonctions, manipulées du bout des doigts. Avec encore un brin de méfiance...
***A 13 000 Kilomètres de là, changement d'univers : ici, le téléphone portable est entré dans un futur excitant. Et l'immense laboratoir où il évolu a pour nom le Japon. L'endroit du monde où il faut regarder si l'on veut savoir ce qu'il nous attend. Parmi les 127 millions d'habitants, 103 millions d'habonnés à la téléphonie mobile. Lesquels, petits ou vieux (premier portable vers 9 ou 10 ans, et une forte implantation chez les plus de 70 ans ), ne se posent manifestement plus aucune question existentielle sur son usage. Envahissant, e portable ? Trop technique, trop compliqué ? Rien de tout ça. Il est là, c'est tout. Il est partout.
***Ici on l'appelle keitai. Solide, il l'est assurément. Solide et massif, pour ne pas dire...moche. Un gros clapet robuste, 2 ou 3 centimètres de plus que les portables euroopéens, mais sous le capot, une débauche de technologie et un écran imposant, avec une qualité de définition digne d'une petite télé numérique. Au Japon, l'ensemble des usages "de base" (appareil photo, caméra, MP3) sont assimilés depuis trois ans déjà. Le SMS, lui, a completement disparu, favorablement remplacé par l'e-mail : tous les portables se connectent directement à Internet. Avantage : l'e-mail est quasiment gratuit, et sa longueur n'est plus contrainte. Il est du coup devenu le mode de communication numéro un, dépassant même les conversations téléphoniques
***Dans le métro de Tokyo, les microstatistiques improvisées rendent toujours le même verdict, quels que soient l'heure ou le quartier : près de deux passagers sur trois ont les yeux rivés sur l'écran de leur portable. Ces "mobilautes" écrivent leurs mails, consultent les horaires de cinéma, ou l'état du trafic sur les grandes lignes de train. Ils peuvent aussi se connecter au site web de leur quotidien préféré, lire une BD, un manga en format portable, ou un roman à l'eau de rose ( en 2006, deux des dix livres les plus vendus au Japon étaient des romans conçus pour la lecture sur mobile !). Aucune classe d'âge n'échappe à l'addiction : hommes d'affaires et collégiennes semblent avoir la meme passion pour leur keitai, et, le dimanche, les femmes en kimono revenant du musée ou d'une cérémonie du thé entre amies ne sont pas les dernières à jouer du pouce pour écrire un e-mail ou télécharger un jeu. Cela dans un saisissant mélande de sophistication "old Japan" et de totale maîtrise technique. Et dans un complet silence : au royaume de la courtoisir, on ne téléphone pas dans le métro, pas plus qu'au restaurant. Alors les conversations se font à l'écrit, et les pouces japonais soufrent en silence - plusieurs hôpitaux ont ouvert des consultations pour traiter déformations et torsions intempestives.
La clé du succès du portable au Japon, c'est l'inter-opérabilité. C'est-à-dire la capacité à faire communiquer, entre eux, des appareils, des systèmes de plusieurs type. L'e-mail fait le lien entre le téléphone et l'ordinateur ; des sites Internet archi-populaires permettent d'archiver ses photos réalisées en un clic de portable et de les partager ; on peut aussi échanger sa musique avec des amis depuis le métro ou la rue, ou alimenter son blog. Le keitai est devenu un petit ordinateur personnel, sachant se transformer en console de jeux (le marché du téléchargement est colossal !), en lecteur vidéo, ou encore grande nouveauté 2007, en GPS. La localisation est la grande affaire du moment : tous les nouveaux téléphones permettent à leur propriétaire de se déplacer sans peur de se perdre. Ou de se localiser à quelques amis, en réseau. Montre-moi où tu es, et je te dirai où nous retrouver pour déjeuner. Dans quel restaurant ? Regarde, je t'envoie le plan !
Gadget ? Pas dans ces nombreux quartiers où les numéros de rue sont inexistants ou introuvables. Et pas pour les parents s'inquiétant pour leur progéniture : les nouveaux modèles de portables pour enfants, couleurs vives et fonctions simplifiées sont tous capables de ramener à bon port l'écolier qui se serait perdu à la sortie de la classe. L'enfant peut aussi, en cas de panique, déclancher une sorte de balise Argos. Ou une sirène d'alarme...
Ce système existe aussi pour les personnes âgées, très courtisées par les fabricants de mobiles. Là, pas d'appareil photo, pas de lecteur MP3, mais un GPS basique, un bouton d'urgence (en cas de malaise), de grosses touches lumineuses (verte pour décrocher, rouge pour racrocher) et, comble de la simplification, un rouleau de papier que l'on déplie pour y consulter son répertoire écrit... à la main. "Toutes ces fonctions nouvelles, comme le GPS, sont vécues par les Japonais comme un réel bonus, commente Misa Matsuda, professeur et sociologue spécialisée dans les nouveaux médias. Personne ici ne dira que la localisation peut nuire à la liberté individuelle. On peut de toute façon choisir d'éteindre son téléphone, ou se déconnecter du GPS. Mais les gens ne le font pas. Si un homme d'affaires veut se soûler un soir avec ses collèges, sa femme le sait et ne le dérange pas. Telles sont les conventions sociales en place, quoi qu'on puisse en penser... Et le téléphone portable ne le remet pas en question."

ARTICLE NON FINI

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Jle met en ligne car il est long à lire et comme ça, vous ne serez pas obliger de tout lire d'une traite ^^
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# Posté le jeudi 26 avril 2007 12:29

Modifié le jeudi 07 juin 2007 17:08